À l’occasion de bio 360 notre présidente Armelle Vrignaud apporte son regard d’expert afin d’éclairer les questions sur la bio transition et montrer ses perspective du sujet.
Le biométhane et les gaz renouvelables : des leviers essentiels pour la transition énergétique
La filière du biométhane et des gaz renouvelables et bas carbone incarne une opportunité unique pour la France. La production et l’usage de ces gaz permettent de concilier valorisation des déchets, décarbonation, indépendance énergétique et dynamisme territorial. En 2026, alors que les enjeux climatiques et géopolitiques s’intensifient, ces technologies offrent des solutions concrètes, locales et durables, capables de transformer nos déchets en ressources et de renforcer la résilience de nos territoires.
Un pilier de la décarbonation et de l’indépendance énergétique
Le biométhane, produit par méthanisation, ainsi que les gaz issus de la pyrogazéification ou de la gazéification hydrothermale, permettent de substituer les énergies fossiles par des ressources renouvelables et locales. En visant 15 % de gaz vert dans les réseaux d’ici 2030 et 100 % à l’horizon 2050, la France peut réduire significativement ses émissions de gaz à effet de serre, tout en améliorant son indépendance énergétique. La production de biométhane et de nouveaux gaz permet de valoriser des déchets agricoles et industriels. Ceci permet de capter de façon optimale le méthane qui serait émis directement à l’atmosphère en l’absence d’une valorisation adéquate que permettent ces technologies. Ainsi se crée une économie circulaire vertueuse.
Un moteur de développement économique et territorial
Les projets de méthanisation, de pyrogazéification et de gazéification hydrothermale sont des vecteurs de croissance pour les territoires. Ils génèrent des emplois locaux, non délocalisables, et dynamisent les filières agricoles et industrielles. Ils permettent la création d’écosytèmes comme par exemple sur le territoire de Saint-Nazaire ou une installation de méthanisation s’est créée sur un terrain appartenant à un industriel local. Ou encore près d’Angers où une coopérative optimise le traitement de ses effluents et de ses déchets dans une installation de méthanisation. A Baugé-en-Anjou, deux installations de méthanisation valorisent les effluents agricoles du secteur tout en permettant notamment d’alimenter une station bioGNV sur laquelle de nombreux transporteurs lourds et transports de voyageurs s’avitaillent en un carburant local et renouvelable. Le bioCO2 produit par l’une des installations de méthanisation devrait même être prochainement valorisé dans des serres proches du site. Ces exemples illustrent l’intégration de sites de méthanisation dans leur territoire et leur contribution à la création d’un écosystème à la croisée de l’agriculture et de l’industrie. En assouplissant les contraintes foncières et en facilitant l’accès aux financements, ces projets peuvent devenir des leviers de cohésion économique, notamment dans les zones rurales ou touristiques, et contribuer au maintien d’une agriculture et d’une industrie agro-alimentaire qui font partie des fleurons de nos régions Pays de la Loire et Bretagne.
Des technologies matures et innovantes
Avec plus de 1.400 sites de méthanisation en France, la méthanisation est une technologie éprouvée. Le bioGNV est une solution immédiate et mature pour décarboner les transports lourds et le transport de voyageurs. Plus globalement le biométhane est une composante essentielle du mix énergétique pour décarboner des secteurs difficiles à électrifier.
La pyrogazéification et la gazéification hydrothermale sont certes moins connues dans notre pays mais les exemples se multiplient à l’international et il faut que la France se saisisse de ces opportunités technologiques et les mette en œuvre pour optimiser la valorisation de gisements de déchets sous-exploités.
Un cadre à renforcer pour libérer tout le potentiel
Pour accélérer cette dynamique, il est essentiel de :
· Mieux valoriser le caractère décarbonant du biométhane dans les référentiels carbone (Ademe BEGES, GHG Protocol, FDES…) pour renforcer l’intérêt des consommateurs
· Soutenir la conversion des sites de cogénération vers l’injection
· Stabiliser et valoriser le cadre réglementaire et économique : tarifs d’achat attractifs, visibilité sur les Certificats de Production de Biométhane, simplification des aides publiques : accompagnement des phases d’étude, simplification de l’accès aux aides pour les porteurs de projets, soutien accru au déconditionnement, harmonisation interrégionale et assouplissement des critères de maîtrise du gisement permettraient de sécuriser davantage les projets.
· Faciliter l’accès au foncier pour les projets territoriaux en assouplissant la loi APER et en exemptant la méthanisation du ZAN
· Encourager l’innovation en soutenant la pyrogazéification et la gazéification hydrothermale, qui élargissent le champ des déchets valorisables.
Un engagement pour l’avenir
En instaurant un cadre stable, lisible et incitatif, la France peut faire du biométhane et des gaz renouvelables un pilier de son mix énergétique, tout en accompagnant la décarbonation de l’industrie et des transports. Ces filières sont non seulement des réponses aux défis climatiques, mais aussi des opportunités pour bâtir une économie plus sobre, plus résiliente et plus solidaire.
En conclusion, le biométhane, la méthanisation, la pyrogazéification, le bioCO2 et la gazéification hydrothermale sont des atouts majeurs pour la transition énergétique. Leur développement doit être soutenu avec ambition, car ils incarnent une énergie renouvelable, locale et créatrice de valeur pour nos territoires.