À l’occasion du salon Technotrans, le Club BioGNV de Méthatlantique a animé la conférence Chargeur et transporteur : pourquoi ils ont choisi le BioGNV. Jean-Louis Borde, directeur des activités logistiques de LOG XL, filiale logistique du groupe Eram, et Gaëtan Jollivet, président du groupe Jolival et d’ASTRE France, ont partagé leur expérience d’une collaboration engagée dès 2019 pour décarboner le transport de marchandises.<br>
Leur témoignage illustre le rôle du BioGNV dans la décarbonation du transport routier.

Une démarche commune engagée dès 2019
Entreprise familiale bientôt centenaire, le groupe Eram a lancé en 2020 sa stratégie « Change for Good », avec l’objectif de réduire de 30 % ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. La logistique et la distribution constituent des leviers importants pour atteindre cet objectif. Le groupe s’est notamment engagé dans la démarche FRET21, qui vise à réduire l’empreinte environnementale du transport de marchandises.
Pour avancer, plusieurs pistes ont été étudiées : optimiser le remplissage des camions, mutualiser les transports et recourir à des énergies plus écologiques.
C’est dans ce contexte que LOG XL et Jolival ont expérimenté leur premier camion au gaz en 2019. Le choix reposait sur des bénéfices environnementaux attendus, notamment en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre, de Nox, de particules fines et de nuisances sonores. Ce dernier point présente un intérêt particulier pour les livraisons nocturnes, qui peuvent ainsi être réalisées dans de meilleures conditions pour les riverains.
Les deux partenaires ont également fait le choix de partager le risque économique lié à cette première expérimentation. Ils ont mis en place un modèle de location de camion avec chauffeur, permettant de tester la solution tout en sécurisant l’investissement du transporteur.
Sept ans de recul sur le BioGNV
En 2019, le déploiement du BioGNV se heurtait encore à un réseau de stations moins développé et principalement concentré dans les grandes agglomérations. L’autonomie des véhicules et les possibilités d’avitaillement constituaient alors des points de vigilance.
Depuis, les conditions d’exploitation ont évolué très favorablement : les intervenants soulignent l’amélioration de l’autonomie des camions et le développement du réseau de stations dans le Grand Ouest. Actuellement une cinquantaine de stations en Pays de la Loire et Bretagne permettent de s’avitailler facilement.
Cette expérience s’est traduite par une montée en puissance progressive de la flotte. À la fin de l’année 2026, Jolival prévoit de disposer de 24 camions roulant au Gaz Vert, soit environ un quart de sa flotte. Aujourd’hui, environ 80% des livraisons du Groupe GEMO sont réalisées à l’aide d’un véhicule Biogaz.
Les retours des conducteurs sont également encourageants : ils apprécient leurs véhicules et sont fiers de contribuer à cette évolution. Leur retour d’expérience est un signal très encourageant pour la poursuite du développement de cette énergie.
Une station locale alimentée par le développement de la méthanisation
Le BioGNV est un carburant local et renouvelable fabriqué à partir de déchets organiques grâce aux installations de méthanisation.
Pour répondre à cet enjeu, Jolival et ses partenaires se sont mobilisés autour du projet de station de la Pommeraye, sur le territoire de Mauges Communauté. Le projet a associé la collectivité, des agriculteurs engagés dans la méthanisation, Mauges Energies et Alter Énergies.
Ouverte en 2023, la station permet de rapprocher production de gaz renouvelable et consommation locale.
Trois unités de méthanisation ont été développées sur le territoire dans la même période. Selon les intervenants, les trois unités produisent ensemble un volume de gaz équivalant à environ 75 % des besoins du territoire des Mauges. Le transporteur Jolival est actionnaire de l’une d’entre elles. Cette implication témoigne de la volonté de l’entreprise de soutenir une filière territoriale, depuis la production du gaz renouvelable jusqu’à son utilisation dans les transports.
Le BioGNV a tout sa place dans le mix énergétique
La conférence a aussi permis d’aborder la place du BioGNV dans un mix énergétique diversifié. Pour Gaëtan Jollivet, chaque énergie doit être mobilisée en fonction des usages et des contraintes opérationnelles. Electrique ou bioGNV, chaque vecteur peut être mis en place en fonction des contextes (centre-ville, distances à parcourir,…). Le BioGNV présente l’avantage de permettre la décarbonation des transports immédiatement en s’appuyant sur une infrastructure déjà existante et une technologie éprouvée. Rappelons que le constructeur Scania, implanté en Anjou, construit des camions BioGNV. Les intervenants ont d’ailleurs regretté la disparition des aides à l’acquisition de véhicules BioGNV, alors que cette motorisation et cette énergie s’appuient sur une production locale tout en ayant un fort impact positif sur la décarbonation de la mobilité lourde.
Le BioGNV, une solution déjà opérationnelle pour décarboner le transport
Après sept ans d’expérience, LOG XL et Jolival témoignent d’une solution éprouvée dans leurs activités, dont les conditions d’exploitation se sont améliorées depuis les premières expérimentations. Leur parcours met en lumière plusieurs facteurs de réussite : une relation de confiance entre chargeur et transporteur, un partage du risque au démarrage, des infrastructures adaptées et une production locale de gaz renouvelable.
À travers cette conférence, le Club BioGNV de Méthatlantique poursuit sa mission : favoriser le partage d’expériences et accompagner les acteurs du transport dans le développement des gaz renouvelables.
Pour accélérer la décarbonation du transport routier, le BioGNV doit pouvoir continuer à trouver sa place aux côtés des autres énergies, en fonction des usages et des réalités opérationnelles.
Pour en savoir plus sur le BioGNV : https://www.methatlantique.fr/la-mobilite-gaz-avec-le-biognv/